nioh's town

Demain est presque comme hier et chaque jour est stupide

Septembre 2022, rentre en seconde, perdue un peu partout, beaucoup dans la vie, pas mal sur internet aussi. Dieu seul se souvient comment, mais j'étais tombée sur une des très nombreuses vidéos YouTube utilisant des "Wojak" qui sortait beaucoup à l'époque (encore aujourd'hui avec la chaîne Low Budget Stories).
Dans les nombreux archétypes que peuvent représenter les wojak, le doomer était le personnage principal de cette vidéo nommée The Doomer Lifestyle.
Le doomer est un personnage pessimiste, presque ou totalement dépressif — voir suicidaire selon les représentations —, et dont le malheur provient du désespoir que lui cause l'observation du monde. Doom pouvant signifier perte, ruine, destin tragique ou simplement la mort. Le nom était tout trouvé.
L'adolescente que j'étais déjà profondément anticapitaliste et anarchiste, fût très marquée par le confinement causé par le COVID-19, tous les détails ne nous intéresserons pas présentement, le seul événement intéressant ici est la découverte de la collapsologie. Très tôt, ce courant de pensée parlant et étudiant de l'effondrement de notre société (sous le prisme écologique principalement) m'a séduit, et le grand manque d'esprit critique que j'avais à fait que j'y étais convaincue corps et âmes. Bien évidemment, le COVID-19 n'a pas aidé à arranger la situation.
Là est le lien que je fais avec le doomer, car deux ans après, j'étais encore convaincue. Je me suis donc rapidement identifiée au wojak déprimée, habillé tout de noir et cigarette à la bouche (bien que je ne fumais pas à l'époque).
La vidéo mentionnée plus loin m'a quelque peu confortée dans presque romantisation de la tristesse. Encore aujourd'hui l'ambiance me parle, nuit dans la ville accompagnée de musique mélancolique, Burzum et The Smiths que j'appréciais déjà beaucoup, mais surtout celle de la fin m'ai fait un certain effet :

Oh, I want to be a baby again
Oh, I want pure thoughts in my head
Oh, I want to be a baby again
Oh, I want to forget\

Musique : Memento Mori ; Groupe : Crywank ; Album : Tomorrow Is Nearly Yesterday and Everyday Is Stupid
Seule, sans passion, sans motivation pour les études, alternant entre jeux vidéos, imageboard et pornographie pour oublier que j'existe, à tout cela se rajoutait les innombrables questionnement vécu par probablement une très grande partie des personnes queers.
Tomorrow Is Nearly Yesterday and Everyday Is Stupid m'a accompagné pendant toute cette période de ma vie. Jay Clayton, le chanteur et guitariste, chantait pour moi mes malheurs, accompagnait par un jeu minimaliste signé Dan Watson.
Cet album est simple, c'est de la musique basique et triste tout en allant plus loin que tous les précédents albums sortis instrumentalement. Pour les paroles, aux habituelles peines de cœurs se rajoute des morceaux traitant de morts, son rapport à la musique, sa musique ; son TDAH, sa relation avec les drogues. Et, à la fin, Just a snail. Simple lui aussi, mais stupide, dans le sens marrant, bien que l'on puisse voir en lui une métaphore, comme suggère sa page Genius
J'invite bien évidemment l'occasionnel lecteur d'écouter cet album et même si je n'en ai pas parlé, les autres des groupes. Au même titre que les cigarettes, je n'arrive pas à imaginer vivre dans un monde dans lequel je n'écoute pas Crywank, je le sais, j'y reviendrai et des musiques dont les paroles ne me faisait rien me remettrons face à ma réalité. Vivre sans eux, ça serait aussi triste pour moi comme vivre trop avec eux. Que ma vie va de l'avant, retourne en arrière ou soit comme maintenant... en diagonale ? Je veux, et même, je sais, qu'ils continueront de faire partie de ma BO.